BIOGRAPHIE

Episode 4 (jours 10 à 12) 1er partie

A l’aube du 10ème jour, ma perception de l’aventure a évolué, les jours passés sur le camp, ne se qualifient plus en chiffre mais en nombre, nous avons dépassé les 10 jours, ça y est c’est une première étape, et pour ceux qui resteront jusqu'à la fin (et j’espère faire partis de ceux là) nous avons fait le quart de l’aventure, ou la moitié avant réunification. Pour moi le 10ème jour est donc très important, c’est comme si déjà j’avais accomplis quelque chose.

 

Je me lève donc de très bonne humeur, presque prête à affronter le monde !!

Après un très modeste repas, un message arrive nous sonnant de prendre notre sac et notre marmite (cela ne présage rien de bon !!)

Et voilà notre petit convoie qui crapahute à travers la montagne pour finalement se retrouver en maillot de bain face à Denis.

 

PRECISION :

Certains doivent se demander comment nous faisons pour savoir comment nous devons nous habiller, et pour que tout le monde soit habillé de la même façon !! C’est très simple, il y a en permanence sur le camp avec nous des équipes de caméraman, ils connaissent les consignes et juste avant notre départ du camp, ils nous disent « maillot » ou bien « pantalon T-shirt chaussure » ou bien encore « short T-shirt » ce qui nous permet d’être tous pareil, mais aussi ce qui permet de mettre tout le monde sur le même pied d’égalité face aux épreuves. Car sinon on pourrait très bien arriver en pantalon alors que c’est une épreuve aquatique ou bien en maillot alors que c’est un parcours dans la forêt !

 

Donc nous sommes tous sur le ponton face à Denis, et là il nous annonce l’épreuve du grand bleu, qui est un relai sous l’eau mais qui ne constitue qu’une infime partie de l’aventure d’aujourd’hui. Mais avant tout il y a un tirage au sort car nous sommes 1 de trop par rapport à l’équipe jaune qui n’est plus que 6. Encore une fois je tombe sur la pierre blanche qui me permet de participer à l’épreuve.

 

ANECDOTE :

Chaque équipe doit s’organiser pour décider de qui va descendre sur chaque profondeur ! Encore une fois je me sens bridée car moi qui suis très bonne en natation et qui aurait très bien pu descendre à 4 ou 5 m sans aucun problème, sans trop me demander mon avis, on m’impose d’aller à 2m, c'est-à-dire qu’encore une fois on m’empêche sciemment ou pas, de montrer ce que je vaux ! Encore une fois on essaie de m’emprisonner contre mon gré dans la place de celle qui ne sert à rien !

 

Je me retrouve donc à descendre à 2m, arrivant ainsi à rattraper le retard de la personne qui est descendu à 1m. Cela n’est pas bien grave ma gloire personnelle importe peu, ce qui compte c’est de gagner en équipe, mais je suis quand même un peu déçu de ne pas avoir pu mettre à profit mes qualités.

Notre équipe gagne haut la main ce relais, et nous gagnons donc une corbeille de fruits et du poisson pour le soir même.

 

C’est à ce moment là que Denis nous annonce ce que va devenir notre journée, et la journée du lendemain ! Un trek nous attend, mais pas n’importe quel trek, pas celui ou vous vous baladez en foret tout simplement en sifflotant, NOOOOON ! Mais LE trek, celui qui vous marque à jamais, celui que vous n’oublierez pas, celui ou vous allez repousser vos limites, plus loin, toujours plus loin, mais surtout au-delà des limites que vous-même étiez sensé connaitre !

Le principe est simple, sur notre chemin nous allons trouver 200Kg répartis en 40 sacs de 5 Kg, l’équipe qui ramène le plus de poids, gagne le droit de prendre l’aventurier de son chois dans l’équipe adverse.

 

Bien sur pour l’égalité, on tire au sort dans toute l’équipe, et la chance est encore une fois avec moi, car je tire à nouveau une pierre blanche, et c’est une des filles qui ne participe pas ! Beaucoup de soulagement car si cela était tombé sur un des garçons, cela aurait été beaucoup plus difficile.

 

Nous savons que notre « ingénieur » risque fortement sa place si c’est l’autre équipe qui remporte cette épreuve, et nous ne voulons pas dutout compromettre l’avenir de notre équipe ni même devoir se séparer d’un des éléments les plus importants.

Commence alors pour nous, le début de l’enfer au paradis !!!

Nous sommes donc 6 à pouvoir porter du poids, et la 7ème aventurière a quand même eu le droit de nous accompagner mais ne peut en aucun cas nous aider à porter les sacs de sable !

 

La marche commence avec nos sacs à dos vide, et une première balise accompagnée d’une boussole qui nous donne le cap à tenir !


En ce qui me concerne, pour le moment encore aucun problème, si ce n’est de surmonter la mauvaise humeur et l’acharnement moral que certains ont à mon encontre depuis le début du jeu. Car cela fait 10 jours déjà que je supporte sans rien dire, les paroles blessantes, et les remarques de certaines, qui se cachent bien d’agir ainsi face à la caméra. Mais je suis là pour l’aventure, et je ne me laisse pas atteindre par la méchanceté de certaines !

 

Au bout de quelques kilomètres, une balise avec un message nous indiquant un nouveau cap à prendre, plus les 10 premiers sacs de ce trek. Nous sommes donc 6 à porter, et je me retrouve avec un sac que je mets dans mon sac à dos, et les garçons en prennent 2 chacun ! Pour le moment 5 Kg c’est moins qu’un pack d’eau minérale, et dans le sac à dos c’est facile à porter. Mais n’oublions pas que nous évoluons dans la montagne, et le parcours est très escarpé et demande beaucoup d’énergie. Au bout d’un long moment (nous n’avons pas de montre alors nous ne pouvons pas vraiment savoir le temps que cela représente) nous atteignons la 2ème balise, où 10 sacs de plus sont déposés. On essaie de répartir également les charges, et je me retrouve avec 2 sacs supplémentaires qui viennent compléter le premier qui se trouve déjà dans mon sac à dos, soit 15kg !

 

La différence de poids se fait sentir, et je commence à me rendre compte que mon sac pèse très lourd !

 

A ce moment là nous avons déjà ramassé la moitié de la charge et j’ai dans le dos l’équivalent en poids de 10 bouteilles d’eau !! Notre petite troupe reprends sa marche, tout en constatant que sur notre parcours nous trouvons des balises jaunes, et nous en déduisons alors que les jaunes vont prendre le même parcours que nous mais en sens inverse !

 

Après un autre moment de marche, nous atteignons le bord de cette ile où nous évoluons depuis le matin, et nous découvrons une nouvelle balise avec 5 sacs ainsi qu’un petit radeau de fortune.

La répartition est vite faite, chacun de retrouve avec 4 sacs (20kg) et un des garçons se retrouve avec 5 sacs.

Nous essayons tous de monter sur ce petit radeau, mais il est très instable, et nous décidons d’y mettre uniquement les sacs pour ne pas qu’ils se mouillent, et surtout pour ne pas que le sable se mouille et donc devienne plus lourd !

Nous avançons dans l’eau en suivant le cap indiqué et nous arrivons sur le bord d’une autre ile.

 

ANECDOTE :

Ce que vous n’avez pas vu à la télé, c’est qu’arrivé sur cette ile, nous sommes déjà tous très fatigués, et nous avons du attendre le feu vert des équipes de caméramans, qui eux même attendaient le feu vert de la régie, pour repartir ! En effet un problème technique je pense nous a contraint à patienter avant de reprendre notre marche.

 

Bref le feu vert donné, nous avançons et évoluons alors dans une sorte d’étendue d’eau à l’intérieur des terres, de l’eau croupie et extrêmement boueuse ! Une étendue d’eau stagnante dans laquelle nous ne voyons même pas nos propres mains si elles sont à 5 cm de la surface ! J’avoue que c’était extrêmement flippant et pas dutout sécurisé !

 

MISE EN SITUATION :

Pour nous remettre en situation, nous avons évolué dans une eau trouble et boueuse où par endroits nous n’avions même plus pieds, avec un sac à dos dans lequel se trouvait 20kg de sable mouillé qui avait tendance à nous entrainer vers le fond !

 

Une des aventurières a même faillit couler à pic, sans l’intervention d’un des garçons qui l’a sortis de l’eau avec force !

De mon coté, la tache n’était pas dutout facile, mais mon expérience en natation, je l’avoue, à ce moment là m’a été vraiment très utile, m’empêchant de couler comme une pierre !

 

Une fois sortis de cet enfer de boue et d’eau croupie, notre sac bien entendue pesait beaucoup plus lourd vu que tout était mouillé, nous arrivons de l’autre coté de cette petite ile, où se trouve également une balise et un autre petit radeau de fortune où nous devons tous monter tellement l’eau est profonde.

 

ANECDOTE :

Ce petit radeau était tellement petit que ce fut vraiment difficile d’arriver à monter tous dessus sans chavirer ! Chavirer nous faisait très peur, non pas car nous craignons d’être mouillés, car on l’était déjà, mais parceque si les sacs tombaient à l’eau il aurait été impossible de les rattraper ou bien d’aller les chercher !

 

Nous arrivons avec précaution sur la prochaine berge, où la randonnée continue, sinueuse au travers de la montagne avec une nouvelle balise nous donnant une nouvelle direction, et 5 nouveaux sacs, chaque aventurier à désormais quasiment 25Kg sur le dos ! Cela commence à devenir vraiment très lourd… extrêmement Lourd ! Le dos commence à faire souffrir, mais cela n’est pas important, il faut continuer et arriver au bout quoi qu’il arrive !!

 

Là et pour le plus beau moment de ce trek , nous arrivons à une embarcation, pour traverser  un endroit paradisiaque et quasiment vierge, n’ayant presque jamais été visité par l’homme, cet endroit, est une réserve naturelle protégée qui regroupe une faune et une flore phénoménale !

Pour la première et seule fois de l’aventure, nous laissons l’espace de quelques minutes la compétition de coté pour admirer ces étendues tout droit sorties de nos rêves, ce lagon bleu turquoise, ces oiseaux magnifiques, cette végétation totalement libre, qui n’a jamais du subir l’empreinte de l’homme.

 

Mes pensées vont immédiatement vers mon fiancé avec qui j’aimerai tant pouvoir partager ces moments, à qui j’aimerai pouvoir raconter dessuite, la chance phénoménale que nous avons eu d’être là à ce moment. C’est tellement beau mais tellement frustrant de ne pas pouvoir partager ces moments avec les gens que l’on aime !!!!

 

Une fois le conte de fée passé, la dure réalité nous rattrape vite, nous arrivons sur une nouvelle ile, mais la nuit est en train de tomber, et l’évolution dans ces conditions (totalement trempés, affamés, avec 25kg sur le dos, l’obscurité qui nous envahit, les nerfs à fleur de peau) devient très difficile, nous marchons le plus vite possible avec nos kilos de sable et les pentes escarpées, pour faire un maximum de distance avant la tombée de la nuit !

Et bien évidemment nous tombons sur la dernière balise où se trouvent les 10 derniers sacs de sable.

 

Un sac de plus pour chacun (30kg en tout) et les garçons se dévouent pour porter le reste, en posant les sacs sur une branche de bois !

 

Nous sommes exténués, et en continuant d’avancer, les premiers coups de gueules (prémisses de la suite) commencent à éclater entre certaines aventurières ! Sans compter les nombreuses chutes dues à l’obscurité, qui n’arrangent pas les nerfs déjà à vif.

Puis soudain après pas mal de chutes plus ou moins grave, nous voilà arrivés sur le bivouac. Je me pose dans un coin, sans avoir la force d’enlever le sac à dos que j’ai encore sur mes épaules ! On y est arrivé, j’y suis arrivée ! Je n’ai presque rien dit pendant toute cette marche et pour cause, j’en ai bavé ! Jamais je n’aurai pensée être capable d’un tel exploit ! 30kg c’est quasiment un sac de ciment, oui mais un sac de ciment sur le dos pendant une journée entière !! Je ne pensais vraiment pas être capable d’une telle ressource physique ! a ce moment là je comprends ce que veut dire le dépassement de soi, aller au-delà de ses forces, lorsque vous êtes à bout, continuer, toujours continuer, sans s’arrêter, un peu plus loin, encore quelques mètres, puis quelques mètres, ne jamais vouloir abandonner!

 

Nous sommes tous exténués, et nous découvrons une corbeille de fruits et du poisson cru que nous devons faire cuire sur les petites braises qui constituent notre feu sur ce bivouac. Une seule idée en tête, dormir, je suis épuisée, j’ai besoin de me reposer, ici par terre malgré les pierres qui nous démontent le dos. Dans un dernier effort je mange quelques fruits avec les autres, mais malgré ce petit remontant du à notre victoire du grand bleu, le moral est bas et je m’allonge prête à m’endormir en 2 minutes 

sinon la suite Episode 4 seconde partie